There are no established trails you can trust. Follow stream, deer trails, old logging roads if you wish, you can only be certain that they will not take you where you want to go.
Most of them end anyway, at a rock face or a clearing leaving you pathless.
It’s of course very easy to get lost here. GPS, compass, topo map are a must.
Still, this is not all aimless. We’ll find our way.
The end of winter marks the time when I started to walk the Pate Hollow trail on an almost daily basis, to stay physically fit and mentally sane.
I know this trail like a close friend, in every mood and season. I mostly walked in the early morning hours, but lately I enjoyed the late evenings, after sunset, using a flashlight for the last half an hour.
The light at dawn has a different quality than at dusk, it has a certain tiredness to it that I can’t explain, but which feels good, like being tired after having persisted, through a day, or through a year.
There is also a certain urgency to this hour, to complete the circle before the time is up.
Darkness enables intimacy — maybe because it forces us to focus harder, maybe because the visible is so close by.
A year has passed. I will treasure every minute spent with a good friend.
Aide-moi maintenant, air noir et frais, cristal
noir. Les légères feuilles bougent à peine,
comme pensées d'enfants endormis. Je traverse
la distance transparente, et c'est le temps
même qui marche ainsi dans ce jardin,
comme il marche plus haut de toit en toit, d'étoile
en étoile, c'est la nuit même qui passe.
Je fais ces quelques pas avant de remonter
là où je ne sais plus ce qui m'attend, compagne
tendre ou détournée, servantes si dociles
de nos rêves ou vieux visage suppliant...
la lumière du jour, en se retirant
– comme un voile
tombe et reste un instant visible autour
des beaux pieds nus –
découvre la femme d'ébène
et de cristal, la grande femme de soie noire
dont les regards brillent encore pour moi
de tous ses yeux peut-être éteints depuis longtemps.
La lumière du jour s'est retirée, elle révéle,
à mesure que le temps passe et que j'avance
en ce jardin, conduit par le temps,
autre chose
– au-delà de la belle sans relâche poursuivie,
de la reine du bal où nul ne fut jamais convié,
avec ses fermoirs d'or qui n'agrafent plus nulle robe –
autre chose de plus caché, mais de plus proche...
Ombres calmes, buissons tremblant à peine, et les couleurs,
elles aussi, ferment les yeux. L'obscurité
lave la terre.
C'est comme si l'immense
porte peinte du jour avait tourné
sur ses gonds invisibles, et je sors dans la nuit,
je sors enfin, je passe, et le temps passe
aussi la porte sur mes pas.
Le noir n'est plus ce mur
encrassé par la suie du jour éteint,
je le franchis, c'est l'air limpide, taciturne,
j'avance enfin parmi les feuilles apaisées,
je puis enfin faire ces quelques pas, léger
comme l'ombre de l'air,
l'aiguille du temps brille et court dans la soie noire,
mais je n'ai plus de mètre dans les mains,
rien que de la fraîcheur, une fraîcheur obscure
dont on recueille le parfum rapide avant le jour.
(Chose brève, le temps de quelques pas dehors,
mais plus étrange encore que les mages et les dieux.)
Philippe Jaccottet June 30, 1925 – February 24, 2021